C'est une petite révolution discrète, mais qui va se chanter chaque soir à vêpres. À partir du temps de l'Avent 2026, les catholiques francophones prieront un Magnificat légèrement différent. Le Pape Léon XIV a validé la nouvelle traduction liturgique, où deux expressions seulement ont été modifiées.
Une mise à jour attendue depuis dix ans. Elle fait suite à la grande révision de la traduction officielle de la Bible liturgique utilisée à la messe et à la Liturgie des Heures.
Deux corrections, deux intentions
1. "Sa miséricorde" à la place de "son amour"
Le verset "Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent" devient "Sa miséricorde s'étend d'âge en âge...".
Le mot miséricorde n'est pas un simple synonyme d'amour. Depuis l'instauration du Dimanche de la Miséricorde par Jean-Paul II, l'Eglise veut insister sur cet amour qui pardonne, qui relève. C'est un amour actif, qui fait grâce. Le terme est donc plus précis théologiquement et plus fidèle au texte grec original de l'Evangile de Luc.
2. "Sa descendance" Ă la place de "sa race"
La finale "Il se souvient de son amour en faveur d'Abraham et de sa race Ă jamais" devient "en faveur d'Abraham et de sa descendance Ă jamais".
Ici, la raison est pastorale et culturelle. Le mot "race" a aujourd'hui une connotation très lourde, liée au racisme et aux classifications biologiques qui ont servi à hiérarchiser les humains. Pour éviter toute ambiguïté et toute blessure, l'Eglise francophone choisit le mot "descendance", plus juste, plus universel et plus conforme à la promesse faite à Abraham.
Une décision pour toute la francophonie
Ce n'est pas une initiative isolée de la France. Le texte a été travaillé par la CEFTL, la Commission Épiscopale Francophone pour les Traductions Liturgiques, qui réunit des évêques de France, de Belgique, du Canada, d'Afrique et des îles du Pacifique.
L'objectif : que le même texte soit prié de Québec à Kinshasa, de Bruxelles à Tahiti. Après de longues concertations pour tenir compte des nuances locales, le texte a été soumis et approuvé par le Dicastère pour le Culte divin à Rome, avec l'aval final du Pape Léon XIV.
Le nouveau Magnificat sera introduit dans les missels et les bréviaires à partir du 1er dimanche de l'Avent. Il continuera d'être chanté chaque soir, comme il l'est depuis des siècles, "de génération en génération".
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