La Voce Di Maria
Le Magnificat change de mots : ce que le Pape Léon XIV a voulu corriger pour l'Avent
La voce di maria 18 septembre 2026 Social


C'est une petite révolution discrète, mais qui va se chanter chaque soir à vêpres. À partir du temps de l'Avent 2026, les catholiques francophones prieront un Magnificat légèrement différent. Le Pape Léon XIV a validé la nouvelle traduction liturgique, où deux expressions seulement ont été modifiées.


Une mise à jour attendue depuis dix ans. Elle fait suite à la grande révision de la traduction officielle de la Bible liturgique utilisée à la messe et à la Liturgie des Heures.


Deux corrections, deux intentions


1. "Sa misĂ©ricorde" Ă  la place de "son amour"

  Le verset "Son amour s'Ă©tend d'âge en âge sur ceux qui le craignent" devient "Sa misĂ©ricorde s'Ă©tend d'âge en âge...".


  Le mot misĂ©ricorde n'est pas un simple synonyme d'amour. Depuis l'instauration du Dimanche de la MisĂ©ricorde par Jean-Paul II, l'Eglise veut insister sur cet amour qui pardonne, qui relève. C'est un amour actif, qui fait grâce. Le terme est donc plus prĂ©cis thĂ©ologiquement et plus fidèle au texte grec original de l'Evangile de Luc.


2. "Sa descendance" Ă  la place de "sa race"

  La finale "Il se souvient de son amour en faveur d'Abraham et de sa race Ă  jamais" devient "en faveur d'Abraham et de sa descendance Ă  jamais".


  Ici, la raison est pastorale et culturelle. Le mot "race" a aujourd'hui une connotation très lourde, liĂ©e au racisme et aux classifications biologiques qui ont servi Ă  hiĂ©rarchiser les humains. Pour Ă©viter toute ambiguĂŻtĂ© et toute blessure, l'Eglise francophone choisit le mot "descendance", plus juste, plus universel et plus conforme Ă  la promesse faite Ă  Abraham.


Une décision pour toute la francophonie


Ce n'est pas une initiative isolée de la France. Le texte a été travaillé par la CEFTL, la Commission Épiscopale Francophone pour les Traductions Liturgiques, qui réunit des évêques de France, de Belgique, du Canada, d'Afrique et des îles du Pacifique.


L'objectif : que le même texte soit prié de Québec à Kinshasa, de Bruxelles à Tahiti. Après de longues concertations pour tenir compte des nuances locales, le texte a été soumis et approuvé par le Dicastère pour le Culte divin à Rome, avec l'aval final du Pape Léon XIV.


Le nouveau Magnificat sera introduit dans les missels et les bréviaires à partir du 1er dimanche de l'Avent. Il continuera d'être chanté chaque soir, comme il l'est depuis des siècles, "de génération en génération".

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